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Lamentin

Gabrielle Jean-Baptiste-Adolphe

Une jeune artiste du Tout-Monde

Gabrielle Jean-Baptiste-Adolphe est une jeune artiste peintre guadeloupéenne dont la pratique explore l’identité antillaise à travers la couleur, le métissage des références et la mémoire. Son travail prend véritablement forme lorsqu’elle quitte la Guadeloupe en 2015 pour étudier en Île-de-France. L’éloignement transforme alors son regard sur son île et fait émerger une conscience plus forte de son appartenance culturelle. Dans ses premières œuvres, elle rassemble des signes issus de la culture créole : dominos, sinobols, conques de lambis, qu’elle associe à des références contemporaines, aux émojis et à la culture populaire. Son langage pictural se construit ainsi par rencontres, superpositions et circulations entre différents imaginaires.  

Cette démarche s’inscrit dans la pensée du Tout-Monde d’Édouard Glissant, qui occupe une place centrale dans son travail. Le Tout-Monde pense les cultures comme des réalités vivantes qui se rencontrent, se transforment et s’enrichissent au contact les unes des autres, sans perdre leur singularité. Chez Gabrielle, cette idée devient un principe pictural : les héritages antillais dialoguent librement avec d’autres cultures et avec le monde contemporain.

De la relation à l’opacité

« Les atmosphères chaudes, lumineuses et colorées, c’est ce qui a bercé mon enfance en Guadeloupe. »

Aujourd’hui, sa peinture évolue vers l’abstraction et place la couleur au centre de sa recherche. Les signes qui caractérisaient ses premières œuvres disparaissent progressivement pour laisser apparaître ce qui se trouve derrière l’image : une sensation, une lumière, une vibration. Ses compositions récentes sont traversées de cercles, de halos et de formes flottantes évoquant des particules lumineuses, des rémanences rétiniennes ou des fragments de mémoire. La couleur ne cherche plus à représenter un sujet : elle devient elle-même le sujet de la peinture.  

Ce passage du signe à la couleur prolonge sa lecture de Glissant : après la Relation vient le droit à l’opacité, le droit de ne pas devoir tout expliquer ou tout rendre lisible pour exister dans le regard de l’autre. Ses toiles fonctionnent alors comme des archives sensibles de la Guadeloupe : elles gardent la trace d’un paysage ou d’un moment sans chercher à le raconter littéralement. Par la superposition de l’acrylique et de l’aérosol, la transparence des couches et la spontanéité du geste, Gabrielle construit une peinture vibrante et immersive.

« Souvent, j’associe l’idée d’une personne à une couleur.  On devrait moins lire et plus regarder. »

Jeune artiste en devenir en Guadeloupe qui affirme peu à peu son univers, entre couleur, mémoire et Relation.

Bibliographie


Expositions personnelles
  • 2026 — La couleur au centre, Galerie Convoyeur de Couleurs, espace de l’Office du tourisme du Nord Basse Terre, Deshaies, Guadeloupe
  • 2026 — Figures du lien, Café Lakuka, Petit-Bourg, Guadeloupe
  • 2020 — Pam Pam Paname, exposition et music jam, Paris, France
  • 2019 — Hymne au vivant, Ravine Chaude, Lamentin, Guadeloupe
Expositions collectives
  • 2024 — Soleils de la conscience, Paris, France
  • 2022 — 50 ans de l’APTOM, Saint-Denis, Île-de-France
  • 2021 — The Art They Give, Londres, Angleterre
  • 2020 — Flash Attack, Bruxelles, Belgique
Parcours, Formation & commandes
  • 2021 — Commande privée, neuf toiles dont une œuvre de cinq mètres, pour Carlo Schembri, Malte
  • 2021 — Erasmus+, Malte
  • 2017 — BTS Design de produits, Lycée François Mansart
  • 2015 — Baccalauréat STD2A, Lycée Raoul Georges Nicolo